Ce n’est pas parce que vous avez un PDF…

Notre travail est d’imprimer des photographies et des documents et, dans une moindre mesure, de les concevoir. Nous acceptons donc des fichiers de tous origines, nous travaillons sans soucis avec des photographies faites au smartphone, des documents créés avec des logiciels plus ou moins exotiques, les logiciels libres et Linux ne nous font pas peur… mais quelque soit la manière dont ils sont produits, les fichiers que vous nous fournissez pour impression doivent répondre à un cahier des charges précis. Quand ce n’est pas le cas, rendre ces fichiers utilisables peut engendrer des frais significatifs et ce n’est pas parce que, dans le cadre d’une utilisation « bureautique », un fichier PDF est facile à générer et à imprimer sur n’importe quelle imprimante que ça fonctionne sans soucis…

Quelques exemples : vous avez une photo numérique, la photo que nous imprimerons à partir de votre fichier sera obligatoirement dans les mêmes proportions… Vous voulez mettre dans un cadre 50 × 60 la photo que vous avez reçu par Whatsapp, ça va coincer : par défaut, Whatsapp génère des images de 1600 × 1200 pixels fortement compressées, ce qui permet d’imprimer au plus une photo de 10,2 × 13,5 cm ! À défaut d’image de meilleure qualité, votre fichier devra obligatoirement être gonflé par un logiciel reposant sur des modèles d’IA, opération qui ne peut être gratuite, et l’image devra ou être recadrée, ce qui ne coûte rien mais une partie de l’image sera rognée, ou la partie manquante de l’image devra être créée par intelligence artificielle générative. Clairement, dans ce cas, le traitement aura un coût et rien de dit que le résultat tiendra la route – il y a parfois de bonnes surprises… – mais vu l’ampleur du travail, il est probable que ce ne soit pas simple et que des retouches complémentaires soit indispensables ! Nous avons déjà imprimé des photos faites à partir de copie d’écran de smartphone, ça peut marcher – ça avait marché – mais…

Votre smartphone dernier cri vous offre plusieurs formats d’image mais aucun de ces formats ne permet d’imprimer sans recadrage ou génération par IA de la partie manquante des « petites photos classiques » de 10 × 15 cm. Quand vous savez que la photo que vous allez faire est destinée à l’impression, n’hésitez pas à utiliser les modes les plus qualitatifs proposés et, vu les limites de certaines applications, si vous faites du traitements d’image avec votre smartphone, pensez à conserver l’image d’origine… Imprimer des images des photographies dans des formats très allongés ne nous pose aucun problème – nous avons déjà fait des impressions de 30 cm × 1 m et de 60 cm × 12 m…

De même, vous avez trouvé une image sur internet et souhaitez en faire un poster… l’image fait 400 × 572 pixels – c’est une demande que l’on nous a fait –, ce n’est tout simplement pas possible ! Avec un tel fichier et, en espérant que le fichier ne soit pas trop compressé – la forte compression est de règle sur internet –, vous pourrez obtenir un poster… de la taille d’un timbre poste.

Vous avez créé un flyer pour votre association ou votre entreprise… Suivant la quantité, le format, le nombre d’exemplaires et le papier que vous souhaitez, nous l’imprimerons sur nos équipements ou en ferons faire l’impression – la proposition que nous vous ferons sera toujours notre meilleure proposition –. Rien ne dit que le format que vous avez retenu soit la bonne option pour le papier que vous souhaitez… et rien ne dit que l’outil que vous avez utilisé soit adapté : un de nos client a, il y a quelques temps, préparé son flyer dans Libre Office Writer… le fichier PDF qu’il nous a fourni était propre et nous n’avons dû faire qu’un nombre très limité d’opérations – optimisation des photos, ajout des mentions légales (opération que nous ne facturons jamais) – pour obtenir un résultat professionnel ; un autre a fait un document similaire avec MS Word… le fichier PDF généré était inutilisable – photographie découpée en 6 morceaux, textes Wordart et dessins « vectoriels » mal traités, etc. – mais le travail était faisable pour un coût raisonnable – option que n’a pas retenu notre client parce que, le délai d’impression souhaité étant particulièrement court, le prix de l’impression était trop élevé pour son budget… en ayant un peu anticipé, le prix aurait été divisé par 3 – ; un troisième nous en a soumis un crée avec Canva, nous avons estimé que le temps de travail indispensable pour rendre le fichier PDF fourni utilisable – modifications au strict minimum sans corriger les nombreux autres problèmes identifiés – était proche du temps de travail nécessaire pour refaire le document à partir d’une feuille blanche – et si nous avions fait la mise en page du document, tous les autres problèmes vus n’auraient tout simplement pas étés.

Vous avez créé une affiche pour votre association, avez utilisé des visuels glanées dans des banques d’images, des polices de caractères trouvées sur le net, des effets de texte générés par votre logiciel… Rien ne dit que nous pourrons (faire) imprimer votre document : les ombres produites par (feu) MS Publisher ont la fâcheuse habitude de bloquer nos systèmes d’impression – la première fois, on ne comprend pas ce qui arrive… la cause du problème connue, il n’y a plus de blocage mais les frais d’adaptation sont facturés –, les images vectorielles sont utilisables sans limite de taille ce qui n’est pas le cas des images bitmap, les les modèles Canva peuvent contenir des éléments cachés qui, bien qu’invisibles dans le fichier généré, laisseront des scories bien réelles à l’impression – pour la même raison, il n’est pas possible d’empiler des formes, fusses-t-elles de même couleur –, les effets de texte de Canva peuvent se manifester sous la forme de calques fantômes – calques à l’opacité nulle assortis parfois de « fausses » polices de caractère – qui apporteront eux aussi leur lot de scories…

Vous souhaitez créer votre document et nous en confier l’impression ? N’hésiter pas à nous interroger alors que votre création n’est encore qu’à l’état de projet : nous pouvons vous donner de précieux conseils sur les outils à utiliser ou pas, les contraintes impératives, les formats, ce qu’il faut faire ou ce qu’il faut éviter, les mentions légales… Une fois votre document créé, nous ne pourrons que faire en fonction de ce que vous avez produit… Un exemple de plus : « on » vous a conseillé d’utiliser un logiciel que vous ne maîtrisez pas pour créer vos cartes de visite… ce logiciel, que nous ne vous aurions probablement pas recommandé, a des bons et des mauvais cotés – il n’y pas de mauvais logiciel, juste des logiciels plus ou moins adapté aux connaissances de l’utilisateur, à sa maîtrise de l’informatique et à ce qu’il veut faire –… et vous avez réussi, très laborieusement, à créer vos cartes de visites… Problèmes : vous n’avez pas compris comment fonctionnait le logiciel… votre création n’est pas visible… les polices de caractères utilisées sont d’anciennes versions et ne correspondent pas à celles que, pour une fois, nous avons – les polices de caractères sont des logiciels, leurs mises à jour ne sont pas en option –… vous avez « choisi » un logiciel qui ne gère pas les couleurs – non, il n’y a pas que Canva qui ne gère pas les couleurs – et retenu des couleurs difficiles à reproduire à l’impression… et le format n’est pas ce qu’il y a de mieux par rapport au papier souhaité – ce qui, pour des cartes de visite, est sans conséquences – aucun des formats courants n’est optimisé par rapport aux formats de papiers – mais, pour d’autres travaux, quelques millimètres de plus ou de moins peuvent augmenter de 30 % le prix des impressions !

Bien évidemment, si nous pouvons aider, nous ne fournissons pas de support technique pour les logiciels que nous n’utilisons pas ou que nous ne connaissons pas… mais nous pouvons vous accompagner dans votre projet avec les outils que nous recommandons.

Ce long billet appelle un certain nombre de développements… d’autres suivront.

Mises à jour à gogo…

Depuis la mi-avril, un certain nombre de logiciels de création graphique open source ont reçu des mises à jour :

    • la version 1.6.4 de Scribus a ouvert le bal : Scribus est le logiciel de mise en page des libristes, logiciel qui permet de créer tous types de documents. Pensé comme une alternative à Quark Xpress et Adobe InDesign, il peut tout faire mais nécessite un apprentissage certain ;
    • la version 3.2.4 de Gimp, le logiciel de traitement d’image du monde libre, a suivi. Pour celles et ceux que son interface très différente de celle de Photoshop et du module de traitement d’image d’Affinity Studio rebute, PhotoGimp lui donne un air de Photoshop ;
    • la version 1.4.4 d’Inkscape, le logiciel de dessin vectoriel, est venue ensuite. Inkscape est un très bon logiciel de dessin capable de produire des fichiers SVG – c’est le format de travail d’Inkscape – mais aussi de vectoriser des images ;
    • la version 5.0.0 de LightZone, sortie il y a quelques jours, ferme la marche. Lightzone est un logiciel de traitement d’image atypique qui traite sans soucis les fichiers raw de nombreux boitiers.

Ces quatre logiciels ont en commun le gros défaut des logiciels libres, un rythme de mise à jour très variable, rythme directement lié au nombre réduit de développeurs  : Gimp est resté bloqué en version 2.10 pendant de nombreuses années – ce qui ne veut pas dire que le logiciel n’a pas reçu de correctifs et mises à jours pendant cette période – avant la sortie de la version 3.0 mi-mars 2025 ; Scribus et Inkscape ne font guère mieux, la palme revient à Lightzone dont la dernière version avait plus de 3 ans.

Pensés autrement que les logiciels commerciaux – LightZone était un logiciel commercial… –, ils savent aussi faire simplement des opérations complexes et chronophages avec d’autres logiciels au fonctionnement plus classique. Inkscape comme Gimp ont leur catalogue d’extensions – G’Mic, qui fonctionne aussi avec Photoshop, Affinity Studio et Affinity Photo, donne son meilleur avec Gimp…

Ces logiciels sont disponibles pour Linux, bien sûr mais aussi Windows et MacOS…

 

Edit du 28 mai

ART, un des logiciels de traitement raw du monde libre vient à son tour de recevoir une mise à jour. ART fait partie des rares logiciels libre qui en reçoivent assez régulièrement,  les mises à jour arrivent toutes les 4 à 6 semaines.

 

Edit du 21 juin

Darktable, l’autre poids lourd du traitement raw du logiciel libre, vient de recevoir une mise à jour majeure et passant à la version 5.6.0.

IA or not IA ?

Image sélectionnée par Hasselblad pour l'Hasselblad Master 2026, et détails, avant remplacement par Hasselblad par une autre photographie – Montage © Petapixel

Au milieu d’une production d’images qui dépasse de très loin le nombre d’images qui peuvent être vues, les concours permettent de révéler les artistes et chefs d’œuvre d’aujourd’hui ou de demain.

Et des concours, il y en a tout le temps, sur tous les thèmes, gratuits ou pas, réservés aux amateurs ou aux professionnels, qui peuvent soumettre quelques images ou doivent candidater avec un travail de plus grande ampleur. Le prestige de l’organisateur – Hasselblad a fourni les appareils des missions Apollo et est une référence des photographes de mode et de studio –, les qualités du jury comme des candidats font la renommée de ces concours.

Organisé régulièrement depuis 2001, mais pas tous les ans – l’édition précédente avait été organisée ne 2023 –, réservé aux professionnels, avec des thématiques très ouvertes et un jury prestigieux, l’Hasselblad Masters fait partie de ces concours mondialement réputés. Continuer la lecture de « IA or not IA ? »

C’est pas tous les jours que ça arrive…

Nous l’attendions depuis quelques jours – les modules qui font tourner nos sites recevaient des mises à jour pour assurer la compatibilité avec la version qui vient de sortir et le rythme des mises à jour s’accélérait –, WordPress, qui propulse nos sites, vient de recevoir une mise à jour majeure. La précédente de cette ampleur a presque 4 ans.

Bien évidemment, cette mise à jour est la première d’une longue série : les modules qui n’ont pas encore été mis à jour vont l’être dans les prochains jours et les thèmes vont suivre… et il n’est pas exclus qu’un (ou plusieurs) de ces modules plante(nt) ou n’interagisse(nt) pas avec les autres comme il le devrait (ent) – dans la nuit de lundi à mardi, les deux sites, site principal et boutique, ont été en rideau pendant une trentaine de minutes suite à mise à jour d’un des modules… pour assurer la compatibilité avec la version qui vient de sortir. Continuer la lecture de « C’est pas tous les jours que ça arrive… »

La solution de facilité…

À l’élève qui lui demandait quel était l’instrument le plus facile, un professeur de musique a répondu : « la chaîne Hi-Fi ». La réponse date l’événement, nul n’a compris si la réponse était sérieuse, réfléchie, agacée, teintée d’humour au 1er, 2e ou 3e degré…

Les vestiges des premiers instruments de musique – des sifflets en os – sont contemporains, à quelques milliers d’années près, des premières sculptures – des objets sans utilité fonctionnelle – et des premières représentations graphiques connues.

Ce qui a suivi n’est qu’une évolution régulière, au fur et à mesure que les connaissances techniques, la science des matériaux, les théories, la dextérité humaine, plus ou moins contrainte, progressaient. Continuer la lecture de « La solution de facilité… »