Les frais de port, pour commencer…

Annoncée depuis plusieurs mois, la hausse des frais postaux est significative : l’envoi des Lettres Vertes de moins de 20 g augmente de plus de 9 %, la hausse est un peu moindre sur les envois plus lourds.

Nous avons, en conséquence, mis à jour nous tarifs de livraison… en ajoutant, comme annoncé, la livraison en Locker Mondial Relay.

Une chose est sûre, après avoir allongé le délai de distribution du courrier, La Poste pénalise aujourd’hui fortement la livraison à domicile… et préfère, de loin, que l’envoi et la livraison de colis se fasse par l’intermédiaire de commerçants – relais Pickup – sans passer par le bureau de poste. De même, s’il était autrefois pratique d’envoyer des impressions grand format roulées en tube, l’envoi de tube est de plus en plus pénalisé et, pour que le coût reste raisonnable, il est nécessaire aujourd’hui d’emballer le tube dans un colis parallélipédique rectangle, plus gros et plus lourds.

Nos nouveaux tarifs pour l’envoi de vos travaux sont ici.

Le calcul des frais d’envoi de la boutique sera mis à jour courant de semaine prochaine.

Conséquence directe de la hausse des frais postaux, bénéficient du franco de port les commandes de 125 € d’achats TTC non remisés minimum.

Bis repetita ?

A la fin des années 1970, une poignée de spéculateurs ont joué sur un métal précieux, moins contrôlé que l’or et dont la production était, et en encore, très inférieure aux besoins de l’industrie : l’argent.

Les frères Hunt, qui cherchaient à protéger leur patrimoine, seraient, en achetant tout l’argent métal disponible et provoquant ainsi une pénurie mondiale, à l’origine de la forte hausse du cours l’argent métal. « Il n’y avait plus d’argent [métal] » et il a fallu trouver des parades…

L’industrie photographique, au sens large, avait été particulièrement touchée : c’était à l’époque la plus grande consommatrice d’argent métal. Il ne faut pas l’oublier, une radio des poumons – pratique courante à l’époque –, c’est l’équivalent de six 36 poses, un film cinéma de 90 minutes, c’est 2,5 km de pellicule – et il faut une copie par salle et par film – et un imprimé A4 en quadrichromie offset, c’est, à minima, entre ¼ et ½ m² de film. La pénurie organisée pour faire grimper les cours avait fait, qu’en moins de temps qu’il en faut au marché pour s’adapter, le prix des pellicules avait été multiplié par plus de 4 !

C’est pour des raisons économiques que la récupération de l’argent dans les bains de fixage s’est généralisée – coté laboratoire, un fixateur usagé valait plus cher qu’un bon vin et l’argent métal récupéré revenait dans l’industrie photographique… – et, pour n’en « perdre » que le minimum – l’image des films noir et blanc est constituée d’argent à la différence de celle des films couleur dont l’argent a disparu au traitement –, Agfa et Ilford avaient annoncé, lors de la Photokina 1980, l’arrivée des premiers films chromogéniques noir et blanc.

En un temps record, l’industrie photographique avait réussi à mettre en place une filière de récupération de l’argent des bains de fixage, bien avant que les normes antipollution n’imposent le retraitement des chimies usagées.

Parce que l’affaire était juteuse et qu’ils manquaient de liquidités, les frères Hunt ont cherché d’autres investisseurs. D’1,55 $ l’once au début des années 1970, l’once d’argent se négociait à 49,95 € en janvier 1980.

La spéculation a ses limites : la Réserve fédérale américaine et le Comex se sont alliés pour freiner la spéculation… Et l’once d’argent ne valait plus qu’une  grosse dizaine de dollars fin mars 1980. Les frères Hunt étaient ruinés – et seront condamnés en 1988.

La situation internationale actuelle fait que la spéculation sur les métaux précieux – or, mais aussi argent, et, dans une moindre mesure, platine et, palladium – est forte. Le 1er décembre, les cours de l’argent métal sont, une première depuis janvier 1980, passés au dessus des 50 $ l’once – et ont atteint 66 $ l’once le 27 décembre –.

La production d’argent métal a doublé en une quarantaine d’année, mais l’argent est toujours un métal rare à l’état natif, 72 % de l’argent produit vient de mines de cuivre, de plomb, de zinc ou d’or… l’extraction reste insuffisante, les réserves sont faibles et le recyclage doit fournir l’indispensable complément à une industrie de plus en plus demandeuse.

Les évolutions techniques – 94 % des photographies sont aujourd’hui faites avec des smartphones, les salles de cinéma n’ont plus besoin d’avoir physiquement les films pour les diffuser, l’imagerie médicale n’utilise pratiquement plus de films radiographiques, et, si l’impression couleur s’est généralisée, l’impression numérique et le direct to plate ont remplacé les « intermédiaires » argentiques – ont fait que l’industrie photographique n’est aujourd’hui que le 3e consommateur d’argent derrière les besoins industriels et la bijouterie… 

La génération Z aurait retrouvé les charmes de la photographie argentique, les films instantané sont in – Fuji a annoncé le 18 décembre des investissements pour produire encore plus d’Instax –… Reste à voir quel sera l’impact des cours actuels de l’argent métal sur le prix des films et leur répercussion sur la santé des fabricants.

 

Edit du 3 février

Tant que l’on croit que les cours vont continuer à monter, les spéculateurs achètent et les cours grimpent… et un évènement « mineur » peut les faire chuter brutalement… Le 29 janvier, l’once d’argent se négociait plus de 121 $  et il a suffit d’une annonce de Donald Trump pour que les cours de l’argent, mais aussi de l’or et des autres métaux précieux et, plus globalement, des matières premières, pétrole compris, s’effondrent brutalement : hier, l’argent avait perdu 40 % de sa valeur – il est un peu remonté depuis – et, en quelques jours, c’est l’équivalent de 3 fois le PIB de la France qui s’est « envolé » dans le krach.

Avec l’annonce récente de la constitution d’une réserve stratégique de minéraux – terres rares, bien sûr, mais aussi, très certainement, argent, cuivre, nickel… – par le président étatsunien, il est probable que d’autres épisodes spéculatifs suivis de chute soudaine des cours suivent.

Botshit ?

Parce qu’il est impossible de tout savoir, tout connaître, de maîtriser toutes les techniques tout en suivant l’actualité de notre métier, nous lisons beaucoup… souvent en ayant un peu de temps, parfois, dans l’urgence, pour régler un problème…

Depuis quelques temps, des sites que nous suivions et qui fournissaient un contenu original et de qualité sont encombrés : des articles de fond, des tutoriels, tests et autres actualités que ces sites diffusaient ou relayaient sans en cacher la source, ont cédé la place à de long textes, soi-disant didactiques, au plan détaillé ou à nombre de comparatifs, synthèses… au contenu vide quand ils ne sont pas, au mieux erronés ou relèvent, parfois, du grand n’importe quoi.

En creusant, en regardant qui produit quoi et à quel rythme, nous avons découvert que quelques auteurs, arrivés récemment sur ces sites, arrivaient à produire trois ou quatre textes de fond par jour… alors que, quand ces sites produisaient un contenu de qualité, les auteurs de l’époque, fournissaient, au mieux, un texte court tous les 2 jours… Mieux, ces nouveaux spécialistes de la photographie ou du traitement d’image, arrivent à alimenter, au même rythme soutenu et en même temps, des sites de cuisine, de bricolage ou de sport…

Nous avions un doute, nous n’en n’avons plus : derrière ces auteurs stakhanovistes apparemment humains qui préparent le travail, la rédaction, texte et plan, ne peut être assurée que par des robots conversationnels facilement reconnaissables à leur style impersonnel… autant la lecture de tels longs textes, souvent en anglais, est pénible, autant les outils de traduction automatique fonctionnent à merveille sur cette prose insipide et donnent de plutôt bons résultats même si, comme c’est souvent le cas, les traductions de l’anglais vers le français « technique » sont particulières – un appareil photo ou un boitier devient une caméra, un objectif, une lentille, celui qui appuie sur le déclencheur de l’appareil, un tireur… et une image bien piquée ou accentuée… une image aiguisée…

Un terme est apparu pour qualifier cette mauvaise littérature assistée par IA : botshit – la contraction de robot et bullshit.

Nous ne savons pas comment nous allons gérer ce volume de faux contenu de qualité qui encombre nous sources d’information favorites – notre pratique a déjà changé : avant de faire une lecture attentive, nous regardons qui est l’auteur et faisons défiler le texte avant de décider si nous prendrons le temps de lire ou pas –… et nous ne pouvons pas compter sur l’aide des moteurs de recherche pour échapper à cette pollution informationnelle : trop souvent, les contenus mis en avant sont maintenant des synthèses par IA dont les sources ne sont pas indiquées et dont il est impossible de juger la qualité et la pertinence !

Une chose est sûre :  botshit va, dans les jours ou les mois qui viennent, tenir compagnie dans les dictionnaires informatiques aux spams, pourriels et autres phishing…

Bien évidemment, nous recevons nous aussi des propositions d’assistants virtuels, de secrétaires travaillant 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, de services nous proposant d’alimenter par IA notre site internet… et, logiquement, nous ne donnons pas suite à ces propositions et préférons produire moins de contenu mais un contenu original et de qualité, répondre moins vite mais apporter une réponse adaptée…

De nouvelles options de livraison…

Parce qu’il y a des cas où, même si rien ne vaut le contact humain, c’est l’option la plus simple pour récupérer ses colis, nous proposons, depuis peu, l’envoi de vos travaux en Locker Mondial Relay – pour le moment, parce que ça n’apporte rien de plus que les autres modes de livraison que nous proposons en ajoutant de nombreuses contraintes  supplémentaires et contradictoires avec les cahiers des charges de La Poste et de Relais Colis,  notre décision de ne plus proposer d’envois de colis en Point Relais Mondial Relay n’est pas remise en cause.

Peuvent être expédiées en Locker des tirages et impressions à plat jusqu’au format 35 × 60 cm – ce qui est plus grand que ce qui  est possible en envoi postal… –, le délai de livraison annoncé est de 3 à 5 jours – ce qui est un peu plus long que les autres options de livraison que nous proposons – mais la plupart des consignes automatiques sont accessibles 7 jour sur 7, 24 heures sur 24 et c’est, en règle générale, le mode de livraison le moins onéreux.

La mise à jour des pages concernées de nos sites – site principal et boutique – implique la remise à plat du calcul de nos fais de livraison et sera faite d’ici mi-décembre… L’actualisation des frais en livraison pour les envois postaux viendra, elle, autour du 25 décembre pour les envois effectués à compter du 1er janvier 2026 – et nous savons depuis un moment que la hausse sera significative.